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Energies fossiles : la dépendance de l'Europe menace la stabilité des prix, avertit la BCE
information fournie par Boursorama avec Media Services 07/04/2026 à 12:53

L'alerte est donnée par un des membres du directoire de la Banque centrale européenne, qui appelle à "faire la transition maintenant ou payer cher plus tard".

(illustration) ( AFP / DANIEL ROLAND )

(illustration) ( AFP / DANIEL ROLAND )

Au coeur du coup de chaud mondial sur les cours du pétrole provoqué par la guerre au Moyen-Orient, un haut responsable de la Banque centrale européenne appelle l'Europe à à réduire sa dépendance à l'importation d'énergies fossiles, l'une de "ses principales vulnérabilités" pesant sur la mission de la BCE de maintenir la stabilité des prix. "La dépendance énergétique de l'Europe complique de plus en plus la tâche consistant à maintenir la stabilité des prix", a déploré dans une note de blog Frank Elderson , membre du directoire de la Banque centrale européenne et vice-président de son Conseil de surveillance.

Le Vieux continent doit "faire la transition maintenant ou payer cher plus tard", a estimé M. Elderson, appelant à "diminuer la dépendance aux combustibles fossiles importés" et à "accélérer une transition ordonnée vers des énergies propres produites localement" . Selon lui, "atteindre les objectifs du continent en matière d'énergie propre affaiblirait le lien entre la volatilité des marchés mondiaux et les prix intérieurs".

L'inflation dans la zone euro a grimpé à 2,5% sur un an en mars, atteignant son plus haut niveau depuis janvier 2025 en raison de l'envolée des prix de l'énergie liée à la guerre au Moyen-Orient. Et face à cette flambée, l'institut de Francfort a revu en mars à la hausse sa prévision d'inflation pour 2026, à 2,6% contre 1,9% précédemment.

Selon M. Elderson, une stratégie de décarbonation "se traduirait par moins de chocs pour les ménages, les entreprises, les finances publiques et les marchés financiers - et, en fin de compte, par une plus grande stabilité macroéconomique et des prix plus stables".

"La question n'est plus de savoir si l'Europe peut se permettre cette transition"

La note mentionne le cas de la transition énergétique espagnole, relayant des estimations de la Banque d'Espagne. Selon l'institution, les prix de l'électricité observés début 2024 ont ainsi été inférieurs de 40% aux prix qui auraient été pratiqués si la production solaire/éolien était resté à son niveau de 2019. Tournée largement vers le photovoltaïque, la transition espagnole a par ailleurs fait émerger la question des risques de surtension, à l'origine de la panne majeure survenue dans la péninsule ibérique en avril 2025. Selon un rapport définitif, un phénomène de surtension, événement fréquent mais cette fois-ci incontrôlé, avait bien été à l'origine du "cocktail parfait" d'éléments défavorables ayant entraîné le blackout.

Selon la BCE, l'investissement nécessaire est considérable - 660 milliards d'euros par an d'ici à 2030 selon la Commission européenne - mais "se concentrer uniquement sur ces coûts est profondément trompeur". "Investir dans une énergie propre et durable remplace les dépenses substantielles consacrées aux combustibles fossiles", a-t-il estimé. Pour le banquier central, "la question n'est plus de savoir si l'Europe peut se permettre cette transition" mais "si elle peut se permettre de ne pas la faire".

5 commentaires

  • 14:10

    Oui, à condition que la transition énergétique ne nous mette pas à genoux face à nos concurrents.Acheter des panneaux solaires chinois pour satisfaire l'objectif affiché est par exemple totalement absurde, et économiquement suicidaire. Acheté des véhicules électriques chinois certes performants et jeter des voitures thermiques roulantes condamne nos plus pauvres .


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